The Dark Knight, Le Chevalier Noir

Film américain réalisé par Christopher Nolan, Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart... 2h27. Sortie française le 13 août 2008 (Vu en Australie)

Une banque, comme il y en a beaucoup à Gotham City, est sur le point de se faire braquer. Une demi-douzaine d'hommes infiltrent les lieux. Vêtus de noir, surarmés, leurs visages affichent des masques de clowns grimaçants. Chacun accomplit froidement sa mission... mais un membre de l'équipe semble décidé à finir le travail seul. Il abat un à un ses confrères braqueurs, s'empare du butin, monte au volant d'un bus scolaire. Il se faufile dans le flot de bus jaunes qui ramènent les bambins chez eux en cette fin d'après midi. Le crime est parfait. En guise de signature, une carte à jouer : le Joker.

Le braquage qui ouvre ce deuxième volet de la saga Batman, version Bale/Nolan, est à l'avenant du reste du film : efficace, sombre, cynique et réjouissant à la fois. L'atout majeur du film n'est pas le "Chevalier Noir", ce Batman campé par un Christian Bale un peu lisse. Le vrai héros du film est le Joker. Ce rôle est la dernière apparition au cinéma du regretté Heath Ledger, qui livre une performance impressionnante. Les traits du blond cowboy australien sont méconnaissables : visage flasque enfariné, cheveux gras, yeux perçants cerclés de noir, bouche sanglante, élastique. La cruauté du Joker ne fait pas pour autant de lui un personnage antipathique. Chacune de ses apparitions est un bonheur, on ne se lasse pas de ses mimiques, on attend ses mauvais coups avec gourmandise. Le Joker n'est pas le seul point fort du film. Christopher Nolan a su donner à la franchise Batman une crédibilité qui dépasse le genre très codé des films tirés de super-héros. La mise en scène est élégante, les décors somptueusement sobres (mention spéciale au garage de la Batmobile). 2h30 de plaisir, en somme, c'est plus qu'on attendait de ce blockbuster estival.

Verdict : Commentaires (0)06:37 30/07/2008

Un conte de Noël

Film français d'Arnaud Desplechin, avec Catherine Deneuve, Jean-Paul Roussillon, Anne Consigny, Melvil Poupaud... 2h30. Sortie le 21 Mai 2008.

Roubaix, Noël approche. Junon (Deneuve) apprend qu'elle est atteinte d'un très rare cancer du sang. Seule une greffe de moelle osseuse peut augmenter ses minces probabilités de survie. Encore faut-il trouver un donneur compatible. Les descendants de Junon acceptent un par un de faire les tests, les résultats arrivent peu à peu par courrier. Henri, le fils banni de la famille, et Paul, le petit-fils fragile psychologiquement, sont les "élus". Deux donneurs potentiels, c'était inespéré. La famille Vuillard se retrouve pour fêter Noël, au complet et avec les pièces rapportées. On prend des nouvelles, on remue le lourd passé, on s'engeule beaucoup. Que reste t-il d'à peu près stable dans cette maison ?

La maladie n'est ici qu'un prétexte. La famille, voilà le thème central de ce film fleuve, présenté à Cannes. L'intérêt principal de ce "Conte de Noël" est qu'il offre des rôles de choix à des acteurs et actrices de luxe. Deneuve est resplendissante, Almaric est insaisissable, Consigny est sur un fil. On découvre peu à peu les relations que leurs personnages entretiennent entre eux, et c'est un vrai bonheur. Beaucoup de temps est sûrement nécessaire pour dérouler tous ces liens familiaux et amoureux. Mais 2h30, c'est un peu trop. La fin n'en fini pas de finir. Couper au montage relève certes du choix cornélien. Quand par définition peu de scènes "servent l'action", lesquelles sont en trop ? Peut-être le spectateur doit-il se résoudre à l'absence d'action, et vivre le film au rythme de ces âmes en attente.

Verdict : Commentaires (0)16:48 17/06/2008

J’ai toujours rêvé d’être un gangster

Film français réalisé par Samuel Benchetrit, avec Anna Mouglalis, Édouard Baer, Jean Rochefort… 1h48. Sortie le 26 Mars 2008.

Une cafétéria déserte sur le bord de la Nationale 17. C’est le lieu que choisit un pauvre type pour faire son premier braquage… sans arme. Il peine à se donner contenance, tombe sous le charme de la désinvolte serveuse, et prend finalement un café. A son image, les gangsters en tous genres qui gravitent autour de la cafétéria vont tous rater leur coup, superbement. Deux compères sans le sous font le rapt d’une ado suicidaire, trop contente d’être embarquée dans cette aventure. Cinq vieux grigous tentent de retrouver la planque de leur jeunesse, qui était perdue au fond des bois, à l’époque. Dur dur d’être un gangster.

Voilà un film qui fait du bien.
D’abord parce que c’est un film d’acteurs : Jean Rochefort, Édouard Baer, une certaine idée de l’humour. La sublime Anna Mouglalis n’est pas en reste.
Ensuite parce que c’est un film de dialogues. Et comme les acteurs sont bons, c’est un régal. La dispute des deux kidnappeurs autour du jeu de cartes est grandiose. De même la réplique de Jean Rochefort sur le thème « pisser contre un arbre » peut devenir mythique.
Enfin parce que c’est un film agréable à regarder. L’image noir et blanc légèrement grainée sert le côté rétro, joyeusement brisé par l’apparition d’un MacDo ou l’évocation de Cameron Diaz… Et la BO est un vrai bonheur pour les oreilles, ce qui ne gâche rien. Un bijou !

Verdict : Commentaires (0)14:03 22/04/2008

L'île

Film russe réalisé par Pavel Lounguine, avec Piotr Mamonov, Viktor Soukhoroukov, Dimitri Dioujev... 1h 52. Sortie le 09 janvier 2008.

Durant la Seconde guerre mondiale, sur un lac embrumé, nuit noire. Un navire russe chargé de charbon est abordé par une frégate nazie. Anatoli, jeune marin soviétique, est vite repéré. Il est sommé de révéler la présence de son capitaine, caché sous un tas de houille. Les nazis lui imposent un choix cruel : tuer son capitaine et avoir la vie sauve, ou bien mourir fusillé avec lui... Anatoli choisit la première option. Des années plus tard, nous le retrouvons moine dans un monastère orthodoxe, situé sur une île du même lac. Rongé par son irrémédiable faute, Anatoli passe ses journées à piocher le charbon qui émerge encore de l'épave. Mais surtout, il reçoit des gens venus de toute la région et produit d'authentiques miracles. Le tranquille monastère est éberlué par la conduite étrange de ce moine qui chamboule toutes les routines.

Voilà un film qui est resté trop confidentiel (il est cependant encore à l'affiche dans quelques salles en France). Il est vrai qu'on a rarement l'occasion d'apprécier le cinéma russe contemporain. Cette "île" est pourtant une vraie surprise : un film habité, mystique, déroutant. L'atmosphère qui s'en dégage est absolument prenante : on est transporté sur cette île glacée à la végétation rase, où toute l'orthodoxie est troublée par ce moine déviant qui fini par remettre chacun sur le bon chemin. L'acteur principal est génial, entre mimiques impayables et accès de folie douce. Une grande puissance se dégage des scènes de miracles, très simples, directement inspirées de la vie des grands saints. Le dénouement final est (presque) trop classique au vu du reste de l'œuvre. Quand vient le générique de fin, on se dit qu'on serait bien resté un peu plus sur cet îlot, ni tout à fait sur Terre, ni tout à fait Ailleurs.

Verdict : Commentaires (0)10:54 25/03/2008

Cloverfield

Film américain réalisé par Matt Reeves, avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan, Jessica Lucas... 1h30. Sortie le 6 Février 2008.

"U.S. Department of Defense. Images liées au dossier Cloverfield. Caméscope trouvé à Central Park". Voilà comment tout commence. La vidéo montre d'abord des amoureux au réveil, puis se promenant dans les rues de New York. Vient ensuite une soirée surprise, organisée pour le départ de Rob au Japon. Un ami, Hud, est chargé d'immortaliser l'évènement. Alors que les esprits s'échauffent pour une histoire de fesses, un choc violent se fait sentir, tout proche. On allume la télé : un cargo est en perdition dans le port de Manhattan. Tout le monde grimpe sur le toit du gratte-ciel. Une boule de feu s'élève au loin, entre les tours, projetant partout des débris. Hud ne lache pas le caméscope, filme la tête de la statue de la liberté, gisant au beau milieu d'une rue... Les signes sont clairs : une "chose" malfaisante vient de se réveiller, et elle est très en colère.

Cloverfield signifie "champ de trèfles". C'est assez paradoxal pour un film qui n'a rien de bucolique. Le spectateur est en effet plongé au coeur de la ville, de ses rues désolées, de son métro désert, scènes apocalyptiques clairement marquées du sceau du 11 septembre. Grâce au principe de la caméra subjective, toujours entre les mains des héros, le film de monstre est réinventé. On en sait pas plus qu'eux, on dispose des mêmes bribes d'information. Ajoutez à cela des effets spéciaux exceptionnels, des acteurs inconnus convaincants, un rythme qui ménage le suspense, et un bouche-à-oreille savamment orchestré depuis un an sur le net. Le succès de Cloverfield est à la hauteur de l'immersion ultra-réaliste qu'il propose. Tout n'est pas expliqué. Les héros sont simplement humains. Ils ne sauvent pas le monde à la fin. Ca fait un bien fou.

Verdict : Commentaires (0)15:45 19/02/2008

Astérix aux Jeux Olympiques

Film français réalisé par Thomas Langmann et Frédéric Forestier, avec Clovis Cornillac, Benoît Poelvoorde, Gérard Depardieu, Alain Delon... 1h53. Sortie le 30 janvier 2008.

Alafolix, comme son nom l'indique, est fou amoureux de la princesse grecque Irina. La belle n'est pas insensible aux lettres enflammées du gaulois, mais elle est déjà promise à Brutus, l'odieux fils de César. Pour départager les prétendants, elle propose de donner sa main au vainqueur des Olympiades. Alafolix, accompagné d'Astérix et Obélix, se rend donc à Athènes pour disputer les Jeux.

Comment dire, ce film est navrant. Les effets spéciaux recréent des décors de synthèse hideux. Les gags, à base d'anachronismes lourds ou de blagues scato, laissent la salle perplexe. Delon dit cinq fois "Ave moi", au cas où on aurait pas compris. Cornillac cherche encore son Astérix. Même Poelvoorde a du mal à être drôle. Bref, les acteurs en roue libre ne font pas oublier la vacuité et les incohérences du scénario. On commence seulement à rigoler à la toute fin du film quand Jamel fait son apparition avec ses amis les stars du sport, notamment Zidane. Là, on se dit que Chabat est génial, et que l'humour, même avec 78 millions d'euros, ça ne s'achète pas.

Verdict : Commentaires (0)16:00 13/02/2008

Gone Baby Gone

Film américain réalisé par Ben Affleck, avec Casey Affleck, Morgan Freeman, Amy Ryan, Michelle Monaghan… 1h 55. Sortie le 26 décembre 2007.

Banlieue de Boston. La petite Amanda, quatre ans, s'est volatilisée. La nouvelle de l'enlèvement se propage, les policiers, les badauds et les journalistes encombrent la rue où vivait la blondinette. "Regarde moi ces flics, comme si le coupable allait revenir". Devant sa télé, le jeune détective Patrick Kenzie enrage, lui qui est un enfant du quartier. Son job consiste à retrouver des gens qui tentent d'échapper à leurs dettes. Rechercher des fillettes disparues, il ne l'a jamais fait. Quand l'oncle d'Amanda vient lui demander personnellement de mener une enquête parallèle, il hésite. Un choix qui va en entraîner bien d'autres...

Les frères Affleck sont originaires de Boston, et ça se sent. Les lieux, les gens, la façon de parler sont authentiques. Voilà la première plus-value de "Gone Baby Gone". Pour le reste, cette histoire de kidnapping ne brille pas vraiment par son originalité, et le scénario connait un léger coup de mou lorsque l'enquête piétine. Mais Casey Affleck sauve le film : cet acteur est décidément une belle révélation du cinéma US. Il crevait l'écran dans "L'assassinat de Jesse James...", volant la vedette à Brad Pitt. En admirateur complexé du plus célèbre bandit du Far West, il allait jusqu'à tuer son idole, s'attirant la rancune de la population, à sa grande surprise. Dans "Gone Baby Gone", son personnage de détective simple et intègre est amené à abattre un pédophile. Son entourage le félicite, mais il n'arrive pas à se persuader qu'il a bien fait de le tuer. Grace à la précision du jeu de Casey, ses deux principaux rôles forment un diptyque fascinant sur le bien et le mal. Quand à Ben, il montre une belle maturité derrière la caméra. Le plan final de son film, aussi glaçant que réconfortant, est une merveille d'ambigüité psychologique. Les brothers Affleck font fort.

Verdict : Commentaires (0)17:37 01/02/2008

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